Planete Bleue

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22 février 2007

Les neiges éternelles de l'Everest affectées par le réchauffement causé par l'homme

everest_r_chauffementSelon une étude menée par deux laboratoires français (le LGGE* et le LSCE**) et des laboratoires chinois, russe et américain,  les neiges éternelles du Mont Everest, au coeur de l'Himalaya sont affectées, de manière inégalée depuis 2000 ans, par le réchauffement anthropique.  Tout un symbole... - O.D.

*
LSCE : Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement
**
LGGE : Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement

Référence :
Summer temperature trend over the past two millennia using air
content in Himalayan ice
S. Hou
, J. Chappellaz, J. Jouzel, P. C. Chu, V. Masson-Delmotte, D. Qin, D. Raynaud, P. A. Mayewski5,V. Y. Lipenkov, and S. Kang
http://www.clim-past.net/3/89/2007/cp-3-89-2007.pdf
Abstract. Two Himalayan ice cores display a factor-two decreasing trend of air content over the past two millennia, in contrast to the relatively stable values in Greenland and Antarctica ice cores over the same period. Because the air content can be related with the relative frequency and intensity of melt phenomena, its variations along the Himalayan ice cores provide an indication of summer temperature trend. Our reconstruction point toward an unprecedented warming trend in the 20th century but does not depict the usual trends associated with “Medieval Warm Period” (MWP), or “Little Ice Age” (LIA).

+++ Climate of the Past is an international scientific journal dedicated to the publication and discussion of research articles, short communications and review papers on the climate history of the Earth


andes_r_chauffementLes Andes sont également touchées :

Au Pérou, où se trouvent 70 pour cent des glaciers tropicaux de notre planète, les Andes ont perdu au moins 22 pour cent de leur surface glaciaire depuis 1970, et la fonte s’accélère, a déclaré l’agence gouvernementale INRENA - Institut National des Ressources du Pérou.

(...) "To me it's the rate of ice loss that's a real concern," because when melting accelerates, the ice cannot replenish itself, said Lonnie Thompson, a leading glacier expert at Ohio State University. (...)

Plus d'infos : Warming threatens double-trouble in Peru - Yahoo News


L'Himalaya alimente en eau les 7 plus grands fleuves asiatiques  : le Gange, l'Indus, le Brahmapoutre, le Salween, le Mekong, le Yangtze et le Huange He. - "Les glaciers de l'Himalaya font partie de ceux qui se réduisent le plus vite à cause du réchauffement de la planète". Pour le WWF, ce recul devrait se traduire par des pénuries d'eau pour des centaines de millions de personnes qui dépendent des rivières alimentées par les glaciers en Chine, en Inde et au Népal (Télécharger le rapport de synthèse sur le sujet du WWF)

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17 février 2007

Il est urgent de protéger la nature

Sans_titreHubert_ReevesIl est urgent de protéger la nature,
par Nicolas Hulot et Hubert Reeves
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-867845,0.html

Ce n'est pas dans les quelques îlots ou oasis paradisiaques qui subsisteraient que les humains de demain vivront. Ils seront trop nombreux pour y trouver tous une place. Ils ne pourront pas non plus s'évader vers une planète de rechange que les meilleurs télescopes n'ont, à ce jour, pas trouvée... Les Français, dans quelques décennies, vivront en Beauce, en Brenne, en Bresse, en Bretagne... ou ailleurs dans l'Hexagone, confrontés aux réalités résultant de notre comportement actuel. Le temps est venu d'envisager avec lucidité le futur : nous avons déjà beaucoup épuisé les ressources, éliminé des espèces, pollué, et donc, en quelque sorte, sali et vidé le coffre de ses trésors pour le léguer rempli de problèmes à subir plus qu'à régler.

Avec ce siècle, nous prenons conscience que nos proches descendants, comme tous les Terriens, sont embarqués dans une histoire dont on ne connaît pas l'issue. "Et si l'aventure humaine venait à échouer ?", se demandait Théodore Monod. La question se pose en effet. Nos enfants et petits-enfants feront avec ce que nous aurons bien voulu leur laisser de biodiversité, de ressources et de services, et ils vivront sous des climats que nous contribuons à perturber. La France possède des milliers de chances. Son territoire métropolitain comporte plusieurs zones biogéographiques bien typées. Elle est présente dans les quatre océans. La Guyane est riche d'une forêt amazonienne dont nous pourrions faire un pôle d'excellence environnementale.

Par la volonté du législateur de l'époque, une grande loi de protection de la nature a été votée en 1976. La France a, grâce à cette loi, diffusé dans sa population la notion de responsabilité individuelle et collective vis-à-vis du patrimoine naturel. Elle a agréé des associations au titre de la protection de la nature et obligé à des études d'impact pour que les aménageurs soient soumis à certaines contraintes. La loi de 1976 a entraîné l'établissement de listes d'espèces protégées. Mais, trente ans après, les espèces que cette loi protège régressent. Les papillons et les hirondelles désertent nos cieux. Et pas pour d'autres. Et leur mort n'a rien de naturel.

Cette loi a aussi initié des zones de nature protégées. Las ! Les autres ont été livrées à des attaques, imprévues sinon imprévisibles. Qu'il s'agisse de biodiversité écosystémique ou spécifique, il faut changer d'échelle. Il faut d'autres textes. Il en va de la responsabilité du prochain gouvernement. Au-delà des joyaux que sont les espaces protégés, il doit considérer que tous les autres - tous ceux qui constituent l'essentiel de nos espaces ruraux - sont aussi précieux.

La biodiversité constitue un enjeu aussi important que les changements climatiques, lesquels aggravent son érosion. Sa protection nécessite qu'elle soit prise en compte dans toutes les décisions politiques de tous les ministères : transports, agriculture, santé, aménagement, ainsi que des moyens accrus pour le ministère de l'écologie. Un vice-premier ministre garant du long terme auprès du premier ministre qui, comme on le sait, est accaparé par les problèmes du jour, cela ferait un duo responsable à la fois pour le présent et le futur, et la célèbre formule "Gouverner, c'est prévoir" prendrait enfin toute sa valeur.

La réponse au défi écologique nécessite de faire de la protection de la nature une véritable politique publique, ambitieuse, avec des objectifs de long terme et toutes les étapes intermédiaires pour y parvenir, avec des moyens d'évaluation pour une adaptation des moyens à déployer. Ainsi, par exemple, de la même façon qu'on a fait des schémas autoroutiers à vingt ans, on pourrait engager des schémas de préservation et de mise en valeur du patrimoine naturel. Ces schémas définiraient des objectifs, ce qui implique une gestion différenciée pour chacun des espaces suivant sa catégorie et selon les espèces qu'il abrite. Ils seraient opposables aux autres politiques sectorielles, notamment en matière d'aménagement.

Comme c'est la nature qu'il faut sauver partout en France, cela nécessite une gouvernance adaptée afin que chaque citoyen qui le souhaite participe à cette sauvegarde, directement ou à travers une association de son choix. Il faut donc des instances de concertation qui permettent de recueillir l'expression de tous les acteurs, y compris au niveau local, pour que les décisions - qui appartiennent aux élus - soient comprises, admises et respectées.

Nous sommes dans un nouveau siècle. Des changements globaux s'annoncent. Ils sont lourds de conséquences. Il faut marquer les esprits. Nous avons fait ensemble un rêve : la forêt guyanaise est un trésor bien plus précieux que l'or que l'on veut lui arracher ; en entrant en fonctions, le nouveau président de la République pourrait annoncer l'abandon du projet minier "Cambior". Ainsi serait explicitement indiqué où sont les vraies valeurs. Elles ne peuvent être dans un minéral, si brillant soit-il. C'est le vivant dont il faut promouvoir le respect.

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05 février 2007

Rapport du GIEC 2007

Merci à tous les scientifiques qui, au service de la société, ont participé à cet énorme travail de synthèse.

unepwmo_logoLe résumé à l'intention des décideurs du 4ème rapport du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) est disponible depuis le 2 février 2007. Un travail de synthèse réalisé par 600 scientifiques du climat provenant de 40 pays. 

GIEC_2007Figure SPM-3 - Modifications de température, de niveau de la mer et de couverture neigeuse dans l’hémisphère Nord Changements observés sur (a) la température en surface moyennée sur le globe ; (b) l’élévation moyenne globale du niveau de la mer obtenue à partir de données provenant de marégraphes (bleu) et de satellites (rouge) et (c) la couverture neigeuse de l’hémisphère Nord en mars et avril. Tous les changements sont relatifs aux moyennes correspondantes pour la période 1961- 1990. Les courbes lissées représentent des moyennes décennales, et les cercles des valeurs annuelles. Les zones ombrées correspondent aux intervalles d’incertitude estimés à partir d’une analyse complète des incertitudes connues (a et b) et de la série temporelle (c). [FAQ 3.1, figure 1, figure 4.2 et figure 5.13]

giecFigure SPM-2. Composantes du forçage radiatif Estimations du forçage radiatif moyenné sur le globe et plages d’incertitudes pour le dioxyde de carbone anthropique (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et les autres agents et mécanismes importants, avec l’extension géographique typique (échelle spatiale) de leur forçage ainsi que le niveau évalué de compréhension scientifique (LOSU). Le forçage anthropique total et son étendue sont également représentés. Ceci demande à additionner des estimations asymétriques des incertitudes pour les différents composants, et ne peut être obtenu par une simple addition. Les autres facteurs de forçage qui ne sont pas inclus ici sont considérés comme ayant une LOSU très faible. Les aérosols volcaniques apportent un forçage naturel supplémentaire mais ne sont pas inclus dans cette figure, en raison de leur nature sporadique. L’étendue pour les traînées de condensation ne tient pas compte des autres effets de l’aviation sur la nébulosité. [2.9, figure 2.20]..

2007_GIEC_temp_rature

Figure SPM-4. Changements de température aux échelles globale et continentale Comparaison de changements observés sur la température de surface aux échelles globale et continentale, avec les résultats de simulations de modèles climatiques utilisant les forçages naturel et anthropique. Les moyennes décennales des observations sont montrées pour la période 1906-2005 (ligne noire) représentée selon le centre de la décennie et relative à la moyenne correspondante sur la période 1901-1950. Les lignes en pointillés sont utilisées quand la couverture spatiale est inférieure à 50 %. Les bandes bleues ombrées représentent l’intervalle de confiance 5-95 % pour 19 simulations de 5 modèles utilisant exclusivement les forçages naturels provenant de l’activité solaire et des volcans. Les bandes rouges ombrées représentent l’intervalle de confiance 5-95 % pour 58 simulations de 14 modèles utilisant à la fois les forçages naturels et anthropiques [=liés à l'activité humaine]. [FAQ 9.2, Figure 1]

(...) The report was produced by some 600 authors from 40 countries. Over 620 expert reviewers and a large number of government reviewers also participated. Representatives from 113 governments reviewed and revised the Summary line-by-line during the course of this week before adopting it and accepting the underlying report. (...) - http://www.ipcc.ch/press/prwg2feb07.htm

. - Commentaire de ce résumé par les scientifiques du blog RealClimate.org : version française  - Extrait : "(...) Les processus dynamiques relatifs au mouvement de la glace qui ne sont pas inclus dans les modèles actuels mais suggérés par les observations récentes, peuvent accroître la vulnérabilité de la calotte glaciaire au réchauffement, ceci accentuant la future élévation du niveau marin. La compréhension de ces processus est limitée et il n'y a pas de consensus sur leur amplitude." A noter que quelques médias comparent des résultats non strictement comparables : ils ont déclaré que le GIEC a réduit l'ampleur maximale de 88 à 59 cm, mais le chiffre précédent du TRE incluait cette incertitude relative à la dynamique de la glace, alors que ce n'est pas le cas avec le QRE, précisément parce que cette question est maintenant considérée comme davantage incertaine et peut-être plus sérieuse qu'avant. (...)"

jean_jouzel-  Jean Jouzel, chef de file des quatorze scientifiques français qui ont participé au texte :
"Le réchauffement est reconnu sans équivoque (...) l'attribution du changement climatique observé depuis un demi-siècle aux émissions de gaz à effet de serre par l'homme. En 2001, nous estimions qu'elle était «vraisemblable». En 2007, nous la qualifions de «très vraisemblable», ce qui signifie que nous sommes certains de cette attribution à au moins 90 %. [Entre 90 et 99%]  "  - Libération.fr


Val_rie_Masson_Delmotte___Science_et_responsabilit_Réchauffement de la planète : l'état des certitudes
Une interview de Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue :
Cité des sciences

arctique.
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Le déclin programmé de la banquise arctique au cours du XXIème siècle - RealClimate

banquise

rechauffement

giec__2007

Source : LeMonde.fr

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04 février 2007

Des lobbys prêts à tout pour plomber le rapport des experts

sceptiquesUn lobby pétrolier serait allé jusqu’à acheter des scientifiques et des économistes en échange de critiques sur le rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), rapporte le quotidien britannique «The Guardian».

L’American Enterprise Institute (AEI) est un lobby financé par le géant pétrolier ExxonMobil/Esso. Ce groupe de réflexion, proche de l’administration Bush selon le journal, a envoyé des lettres à des scientifiques aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs, leur offrant 10.000 dollars chacun en échange d'articles insistant sur les imperfections des conclusions du rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). (...) -
Suite : LeFigaro.fr

Un excellent commentaire de Mike Adams, le créateur de ce cartoon : ici

Article du Guardian : ici


Des pressions politiques sur des experts du climat ? - C'est ce qu'affirment deux ONG américaines, qui devaient présenter mardi leurs conclusions devant le Congrès. Le Congrès américain se penchait mardi 30 janvier sur une affaire troublante: deux organisations non gouvernementales affirment avoir découvert la preuve de pressions politiques exercées sur des scientifiques d'organismes publics américains pour les pousser à minimiser la menace du réchauffement climatique. Les conclusions de l'Union of Concerned Scientists  (UCS) et du Programme de responsabilité du gouvernement (GAP) devaient être présentées mardi devant une commission de la Chambre des représentants. Les deux ONG ont annoncé lundi qu'elles dévoileraient "de nouvelles preuves d'un étouffement et d'une manipulation de la climatologie". Le réchauffement, et la politique de l'administration Bush sur la question, suscitent un vif intérêt dans le nouveau Congrès à majorité démocrate, au moment où le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) est réuni à Paris pour faire le point sur la menace.

La NASA au coeur de la polémique - Dans la perspective de l'audition des deux ONG devant la commission de supervision et de réforme du gouvernement, le député démocrate Henry Waxman, son président, a demandé à la Maison Blanche et à l'Agence de protection de l'environnement (EPA) de remettre une bonne trentaine de documents sur leur politique climatique. Parmi les personnes appelées à témoigner figure Rick Piltz, ancien responsable du bureau chargé de coordonner les programmes climatiques publics, qui a démissionné de son poste en 2005, clamant que les rapports des scientifiques sur le climat étaient volontairement édulcorés par les autorités. L'UCS et le GAP affirment avoir découvert des preuves de pressions sur les scientifiques dans sept agences fédérales. Henry Waxman s'est dit particulièrement intéressé par des informations concernant le Conseil de la Maison Blanche pour la qualité de l'environnement, la NASA et l'EPA. Des allégations de pressions politiques se trouvent également au coeur d'une controverse impliquant James Hansen, directeur de l'Institut Goddard pour les études spatiales, l'un des plus éminents experts américains sur le climat. James Hansen a accusé la NASA de vouloir l'empêcher de s'exprimer en public sur le réchauffement.

Trois projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre - Depuis que les démocrates ont repris le contrôle du Congrès, le climat apparaît comme une des priorités des parlementaires. La sénatrice démocrate Barbara Boxer a proposé un texte de loi très audacieux, censé permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d'ici 2050. Un autre projet du démocrate Barack Obama et du républicain John McCain, deux sénateurs considérés comme des prétendants sérieux pour la présidentielle de 2008, propose une réduction des émissions des deux tiers dans les mêmes délais. De son côté, le sénateur démocrate Jeff Bingaman soutient un texte qui stopperait la croissance des émissions d'ici 2030 et conduirait ensuite à des réductions. Les trois projets impliqueraient des limites contraignantes sur les émissions des centrales électriques et des véhicules, et utiliseraient un système d'échange de quotas d'émissions. Le président américain George W. Bush s'oppose lui à toute réduction obligatoire des émissions, estimant que cela nuirait à la croissance économique et que développer de nouvelles technologies coûtera moins cher. A la Chambre des représentants, la présidente Nancy Pelosi veut créer une nouvelle commission pour mener des auditions et recommander des mesures sur le changement climatique. Une proposition qui témoigne de l'importance nouvelle du dossier pour le Congrès - Nouvel Obs


Exxon/Esso dépense des millions de dollars pour jeter le doute sur le réchauffement (...) Des militants écologistes disent qu'Exxon, qui est basée au Texas, essaye d'influencer les faiseurs d'opinion à Bruxelles parce que l'Europe - plutôt que les Etats-Unis - est la force motrice de l'action contre le changement climatique. "ExxonMobil/Esso investit des sommes importantes pour laisser des groupes de réflexion, respectables en apparence, semer le doute sur la nécessité pour les gouvernements européens de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", a déclaré Olivier Hoedeman, de l'Observatoire Européen sur les Entreprises. "Les financements occultes en direction des sceptiques sur le climat sont profondément hypocrites parce qu'ExxonMobil dépense des sommes importantes en publicité pour se présenter comme une société écologiquement responsable". (...) - QuestionsCritiques


" Lobbies : brouillard sur Bruxelles - Dans les chaudrons de Bruxelles se cuisine une soupe parfois aussi amère qu'épaisse. Le CEO (Corporate Europe Observatory) a enquêté sur les sources de financement d'une vingtaine de groupes de pression - les fameux "lobbies" - basés à quelques pas de la Commission et du Parlement européens. Bilan : "une grande majorité [de ces groupes] ne respectent pas les standards de transparence", rapporte le CEO. Quelques-uns ont en effet donné les noms des entreprises qui les subventionnent, sans livrer les montants de ces dons. Mais la plupart, déplorent les enquêteurs, n'ont pas répondu aux questions, voire ont rejeté l'idée de donner la moindre information. Dans le collimateur du CEO notamment, le géant pétrolier Exxon. Connue en France sous la marque Esso, la multinationale continue de financer des groupes de pression mettant en doute le lien entre changement climatique et activités humaines. Au grand dam des scientifiques. " - Yahoo.fr


Brussels think tanks persist in funding secrecy
ExxonMobil covertly funds EU climate skeptics
http://www.corporateeurope.org/ThinkTankSurvey2006.html

maison_blanche
Quand on fait une recherche avec le moteur de recherche de la Maison blanche en utilisant les mots clés "global warming", voici le résultat :
WhiteHouse.gov

...un seul résultat...
Formidable : le réchauffement climatique n'existe pas !

Mais quand on fait une recherche sur le site avec Google, on obtient alors 442 résultats (ce qui reste faible d'ailleurs) :
http://www.google.com/search?q=site%3Awhitehouse.gov+%22global+warming%22

Que se passe-t-il avec ce moteur de recherche ? C'est un moteur "sceptique" ? L'administration Bush chercherait-elle à nous cacher quelque chose ?

Source de l'info :
RealClimate

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03 février 2007

Appel de Paris

planete_bleueSamedi 3 fevrier 2007 - Elysée.fr

Nous, citoyens de tous les continents, responsables politiques, représentants d'organisations internationales ou non gouvernementales, scientifiques, chefs d'entreprises, nous lançons un appel solennel à une vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l'environnement.

1. Aujourd'hui, nous savons que l'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous prenons conscience que le devenir de la planète dans son ensemble est en jeu, que l'humanité tout entière est en cause dans son bien-être, dans sa santé, dans sa sécurité, et jusque dans sa survie.

Aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité. Savoir reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable. Admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers.

2. A Rio, à Johannesburg, à Montréal, à Kyoto, la communauté internationale s'est mobilisée. Mais il faut aller beaucoup plus loin : être plus efficaces, plus rapides, plus cohérents, plus ambitieux.

3. C'est pourquoi, conscients de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, conscients du coût de l'inaction, nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement. Nous nous engageons à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'Humanité, en particulier celui du changement climatique, dont le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat démontre avec force la gravité.

4. Nous nous engageons à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Pour promouvoir une éthique écologique, nous appelons à l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux. Cette charte commune garantira aux générations présentes et futures un nouveau droit de l'homme : le droit à un environnement sain et préservé.

5. Nous nous engageons à faire le choix d'une autre croissance, une croissance écologique, le choix d'une économie mise au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tous les peuples de tous les continents doivent pouvoir accéder au niveau de vie auquel ils aspirent légitimement. Mais nous récusons un modèle fondé sur le gaspillage effréné des ressources naturelles et la pollution toujours plus grave de la planète.

Nous nous engageons à promouvoir le développement de technologies, de modes d'organisation et de comportements plus économes en énergie, en eau, en ressources naturelles et à intégrer les coûts liés à la préservation de l'environnement dans nos systèmes économiques.

6. Dans cette responsabilité collective, l'effort doit être équitablement partagé entre les pays les plus riches, les pays émergents et les pays les moins avancés. Les transferts technologiques et financiers doivent être amplifiés. Il faut concevoir et mettre en œuvre des mécanismes de financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter.

7. Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement. Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle.

A l'image de l'Organisation mondiale de la santé, cette Organisation des Nations Unies pour l'Environnement sera une voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et comprendre comment y remédier; un instrument efficace pour promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes; un moyen pour soutenir la mise en œuvre des décisions environnementales à travers la planète.

8. Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d'accueillir la première réunion du groupe pionnier des "amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement" qui rassemble déjà plus de 40 pays.

9. Nous appelons tous les Etats à rejoindre ce combat.

C'est notre responsabilité à tous.

Il en va de l'avenir de l'humanité.

Dans la presse :
Chirac sonne la mobilisation générale pour l'environnement - Libération.fr

citoyen_de_la_terre

http://www.citoyensdelaterre.fr

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Conférence pour une gouvernance écologique mondiale

chiracAllocution de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, prononcée à l'occasion de l'ouverture de la Conférence pour une gouvernance écologique mondiale "Citoyens de la terre".

Vidéo du discours, film projeté durant la conférence et interventions très riches (vidéos) d' Al Gore, de Wangari Maathaï, de Nicholas Stern, de Rajenda Pachauri, de Ban Ki-Moon, d'Yvo de Boers, de Nicolas Hulot, et de nombreuses autres personnalités : Elysée.fr

Palais de l'Élysée, Paris, le vendredi 3 février 2007

Monseigneur,
Monsieur le président de la Commission européenne,
Madame la présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies,
Madame la présidente, chère Madame ROBINSON,
Monsieur le président, cher Abou DIOUF,
Messieurs les Premiers ministres,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et messieurs, mes chers amis,

chirac_climatLa planète souffre : la multiplication de ses réactions extrêmes, ouragans, inondations, sécheresses, en est le meilleur symptôme, si j'ose dire. La nature souffre : les espèces s'éteignent à un rythme alarmant. Nous en avons la preuve, l'activité humaine engendre ces dérèglements. Le jour approche, où l'emballement climatique échappera à tout contrôle : nous sommes, en vérité, au seuil historique de l'irréversible.

Le développement de l'humanité dans son berceau africain comme l'a justement démontré le Professeur Yves COPPENS a été rendu possible par des changements climatiques : aujourd'hui, animés d'une rapidité sans précédent, ces changements pourraient nous conduire tout simplement à notre perte. Les civilisations sont mortelles, mais ce n'est pas toujours aux guerres qu'elles succombent : la surexploitation des ressources naturelles a décimé les Mayas, les Vikings du Groenland, les Polynésiens des Îles Pitcairn, les Indiens Anasazi. Chacune de ces sociétés, qui furent des sociétés brillantes, a vécu dans l'inconscience et l'aveuglement jusqu'à la fin. Chacune symbolise la fragilité de l'Homme et ce qui pourrait être le destin de l'humanité.

Depuis des années, au sein des instances européennes, au sein du G8, dans toutes les enceintes internationales, la France se bat. Elle se bat pour faire entendre l'urgence environnementale. De Rio à Kyoto et à Johannesburg, la communauté internationale n'est pas restée inactive, c'est vrai : elle s'est dotée d'instruments, de conventions, d'institutions. Mais il faut considérablement accélérer la prise de conscience, amplifier résolument notre action. C'est pour cela que j'ai voulu cette conférence de Paris sur une gouvernance écologique mondiale. C'est pour cela que je suis particulièrement heureux de votre présence aujourd'hui et que je vous en remercie de tout coeur.

Nous sommes, et à juste titre, fiers de notre intelligence et de nos prouesses techniques. Mais, en quelques siècles, nous avons brûlé des ressources accumulées durant des centaines de millions d'années. Nous détruisons des écosystèmes qui abritaient une biodiversité perdue à jamais, nous privant ainsi de clés indispensables pour le futur. Tout cela, nous le savons : alors, pourquoi tardons-nous à prendre les mesures qui s'imposent ? Parce que, dans un égoïsme coupable, nous refusons d'en tirer les conséquences. Parce que nous sommes incapables de nous affranchir de schémas de pensée obsolètes, d'une structure économique héritée du XIXe siècle. Parce que notre organisation politique internationale est inadaptée à l'enjeu vital du XXIe siècle, qui est l'enjeu écologique.

terreDN0010Face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures : le temps est à la révolution au sens authentique du terme. La révolution des consciences. La révolution de l'économie. La révolution de l'action politique.

La révolution des consciences. L'Homme ne doit plus se concevoir seulement comme "maître et possesseur de la nature". Cette ambition, nécessaire jadis pour faire triompher l'idée de progrès, nous conduit aujourd'hui au bord du gouffre. Il nous faut passer à un nouveau stade de la conscience humaine : notre intelligence doit se consacrer à la protection de la planète. Nous devons apprendre à cultiver un rapport harmonieux entre l'Homme et la nature. Un rapport nouveau et qui s'impose.

Notre responsabilité vis-à-vis de la Terre est inséparable de notre responsabilité vis-à-vis de l'humanité : l'exigence écologique ouvre un chapitre inédit des droits de l'homme. Il nous faut affirmer et faire respecter un nouveau droit fondamental : le droit de bénéficier d'un environnement sain et préservé. C'est cela, l'écologie humaniste.

C'est une révolution culturelle. Elle passe par l'éducation de tous, et notamment des plus jeunes, aux enjeux environnementaux. Pour que nous devenions tous des "citoyens de la Terre", adoptons aux Nations Unies une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux : elle sera l'expression d'une éthique écologique commune, dont s'imprégneront aussi bien l'action publique que nos actes individuels. La France a été le premier pays à adosser une Charte de l'environnement à sa Constitution : je souhaite que cette initiative inspire l'ONU, et que chaque État inscrive la préoccupation écologique dans ses textes fondamentaux.

La révolution des consciences rendra possible la révolution de l'économie. Dans un monde où plus de 800 millions d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de la faim, la réponse au défi écologique ne saurait être la "croissance zéro". L'aspiration des peuples à une vie meilleure est une inspiration légitime : elle doit guider nos politiques. Mais la planète ne pourra supporter longtemps le mode de croissance qui est actuellement le nôtre. Pour sortir de ce dilemme, nous devons inventer une autre croissance.

Une nouvelle révolution industrielle est devant nous, celle du développement durable. Elle passe par la transformation radicale de nos modes de production et de consommation : respect des ressources et des milieux naturels ; limitation des pollutions ; intégration de la qualité environnementale dans le calcul de notre richesse ; valorisation des ressources naturelles à leur juste prix. Il faut que les entreprises prennent la mesure de leur responsabilité environnementale. Et il faut susciter des ruptures technologiques : développer les énergies sans gaz à effet de serre, avec le chauffage et l'électricité solaires, avec les bioénergies pour la chaleur avec les carburants. Renforcer les économies d'énergie avec des bâtiments non plus consommateurs, mais producteurs d'énergie, avec les voitures et les camions propres. Avancer vers la capture et le stockage du CO² pour la production d'électricité, de ciment ou d'acier.

Cette ère nouvelle porte la promesse d'une vie meilleure pour tous. Les économies les plus innovantes et les plus respectueuses de l'environnement seront demain les économies les plus puissantes. Mais pour cela, nous avons besoin de règles de concurrence claires et loyales. Soit la communauté internationale s'y emploie, soit ce sera la "guerre écologique".

L'effort doit être équitablement réparti. Les pays du Nord ont, les premiers, bâti leur richesse sur l'exploitation massive des ressources naturelles : ils doivent assumer leurs responsabilités, en respectant, dans un cadre concerté, des règles de production et des normes environnementales. C'est tout l'enjeu des négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique, dans le cadre de la Convention des Nations Unies, pour décider de l'avenir du Protocole de Kyoto, et cela avant 2009. En s'engageant, à l'initiative de la France et du Royaume-Uni, avec l'encouragement total de la Commission, à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, l'Union européenne montre la voie.

Les pays émergents ont beaucoup d'atouts. Ils disposent d'un riche patrimoine naturel : ils doivent être incités à le protéger et à prendre la mesure de leurs responsabilités nouvelles. C'est l'autre enjeu de l'après-Kyoto. La disponibilité de technologies "vertes" leur permettra de passer plus vite que les anciennes nations industrielles à l'économie du développement durable.

Quant aux pays pauvres, nous devons les aider à se développer dans le respect de l'environnement et à se prémunir contre les conséquences catastrophiques d'un réchauffement climatique pour lesquels ils ne sont pour rien. Je pense aux îles menacées par l'augmentation du niveau de la mer, ou aux pays, comme ceux du Sahel, qui seront atteints par des sécheresses d'une ampleur dramatique.

Sachons allier lutte contre la pauvreté et révolution écologique, en repensant la notion de patrimoine commun de l'humanité. Des financements innovants, tels que la taxation internationale sur le carbone, permettraient d'apporter aux pays en développement qui s'y engagent les moyens de préserver, pour le bien de tous, les trésors écologiques qu'ils abritent, comme les forêts primaires, et d'accéder d'emblée aux technologies propres. Le succès de la contribution de solidarité sur les billets d'avion au bénéfice de la lutte contre les grandes pandémies nous montre l'exemple qui doit être suivi et nous donne une expérimentation de ce qui doit être fait.

terreDN0002La révolution des esprits resterait stérile, la révolution économique serait entravée, si elles ne s'accompagnaient pas d'une révolution politique. Elle est en marche : grâce aux associations, grâce à la participation des citoyens, grâce à la mobilisation croissante des élus, l'impératif environnemental inspire de plus en plus les politiques locales et nationales. Mais ce combat se joue à l'échelle mondiale : la crise écologique ignore les frontières. Or, nous agissons encore, trop souvent, en ordre dispersé.

Il faut construire une gouvernance mondiale de l'environnement. L'unilatéralisme, dans ce domaine aussi, mène à l'impasse. De même qu'il est la condition de la paix, le multilatéralisme constitue la clé pour un développement durable. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement est un programme et une organisation remarquables à laquelle je tiens à rendre hommage. Mais il ne dispose pas d'un pouvoir et d'un poids institutionnel suffisants. Notre objectif, ce doit être de le transformer en une Organisation des Nations unies à part entière. Cette organisation des Nations Unies pour l'Environnement portera la conscience écologique mondiale. Elle procèdera à l'évaluation impartiale et scientifique des menaces. Forte d'un mandat politique, elle aura la légitimité pour mettre en œuvre les actions décidées en commun. Elle donnera plus de force, plus de cohérence à notre action collective.

Arch_onu_06_1170259085L'ambition de notre conférence, c'est de mobiliser tous les citoyens, tous les milieux, et de constituer un groupe de pays pionniers, prêts à porter ce projet d'Organisation des Nations unies pour l'Environnement, afin de convaincre ceux des pays qui hésitent encore.

Mesdames et Messieurs, mes chers amis,

Vous tous qui êtes ici, représentants des États et des organisations internationales, scientifiques éminents, responsables d'ONG, chefs d'entreprises, citoyens engagés, vous êtes les fers de lance d'un mouvement mondial de l'écologie. Vous saurez, par vos débats, par vos travaux, contribuer à la mobilisation responsable et la mobilisation des opinions publiques internationales, mobilisation plus que jamais urgente et nécessaire. À vous toutes, à vous tous, je veux, du fond du cœur, exprimer mon estime, mon respect et surtout ma reconnaissance.

Je vous remercie.

Dans la presse :
- Jacques Chirac lance l'Onue, les Nations Unies pour l'environnement - Libération.fr
Lors de l'appel de Paris, une quarantaine de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, se sont prononcés en faveur d'une "vaste mobilisation internationale contre la crise écologique (...)"

- Chirac sonne la mobilisation générale pour l'environnement -
LeMonde.fr

Très beau discours. Merci Monsieur Hulot pour avoir sensibilisé Jacques Chirac aux problématiques environnementales - O.D.

Posté par planetebleue à 20:07 - Chroniques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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