15 octobre 2007
Vers le capitalisme naturel et le business écologique source d'emplois
Jusqu'à juin 2007, dans la lignée de la réflexion de Jean-Marc Jancovici, j'étais convaincu que les énergies renouvelables n'avaient pas le potentiel pour remplacer les énergies fossiles (pour que nous puissions maintenir le niveau de vie occidental), qu'une division par 5 de notre consommation énergétique était inévitable, et que nous n'avions pas d'autres choix que d'accepter le nucléaire et de modifier notre mode de vie dans la perspective de réduire les émissions de gaz à effet de serre face à la menace climatique.
La découverte du solaire à concentration, dont on parle incroyablement peu en France, de la technologie HVDC (Hight Voltage Direct Current), et de la Technologie Tesla Motors (voiture électrique) a complètement modifié ma facon de concevoir notre avenir énergétique, c'est à dire notre avenir tout court. Non seulement le solaire concentré à très largement le potentiel pour que l'intégralité de l'humanité puisse accèder au niveau de vie occidental (1% de la surface du Sahara en centale solaire est suffisant pour produire l'intégralité de l'électricité consommée aujourd´hui par l'humanité et le Sahara n'est pas le seul désert dans le monde), mais son coût est dès aujourd'hui très bas (8 centimes d'euros le kWh) et sera deux fois plus faible dans quelques années, parallèlement à la croissance du parc solaire mondial (effet d'échelle et d'apprentissage). Cela veut dire qu'il sera très prochaînement moins cher que le nucléaire ou que le charbon (4 centimes le kWh, sans compter le coût de la séquestration du carbone) ! La plupart des pays de la planète (à l'exception de la Russie, du Canada, de la Nouvelle Zélande, et des pays de l'Europe du nord ) sont baignés de soleil. C'est le cas en particulier des USA, de l'Inde, de la Chine, du Brésil, du Mexique et de l'Australie. Les états des USA qui ont mis en place une politique incitative vivent actuellement un véritable boom du solaire concentré. Idem en Espagne. Une fois franchie la ligne magique des 6-7 centimes d'euros le kWh, quand les aides ne seront plus nécessaires, cela sera l'avalanche des projets dans le monde entier.
L'humanité n'est pas confrontée à une limite énergétique. De plus nous disposons d'éléments essentiels en grande quantité : Si, Fe, Al etc., nous pouvons recycler pour les éléments moins abondants, les plantes capturent le carbone (Huiles, sucres, protéines) et la créativité humaine est sans limite. La grande force du vivant en général, et des hommes en particuliers, c'est leur capacité à lutter contre le courant entropique (2d principe de la thermodynamique : le désordre ne peut qu'augmenter) en utilisant l'énergie solaire ou ses dérivées, une énergie exogène dont le flux colossal ne s'éteindra que dans 5 milliards d'années, c'est à dire l'infini à l'échelle de temps de l'humanité. La seule limite, c'est la surface de la Terre et il est urgent de préserver les écosytèmes naturels à biodiversité élevée (récifs coraliens, forêtts tropicales, écosystèmes montagnards etc.), car quand une espèce animale ou végétale disparait, c'est pour toujours et c'est une énorme perte pour l'homme. Un moyen de aire face à ce problème surfacique est de valoriser les espaces désertiques. D'immenses zones désertiques peuvent être converties en oasis de vie pour les femmes et les hommes.
J'écrirai moins sur PlaneteBleue, je laisse cependant le blog ouvert; PlanèteBleue, c'est l'époque où je mettais l'accent sur la fin annoncée des énergies fossiles et sur la crise climatique.
Je déménage sur ObjectifTerre avec un état d'esprit complètement différent, l'esprit du capitalisme vert, et en faisant le choix de mettre en avant les solutions plutôt que les problèmes. Car il y a des solutions ! Le premier obstacle est politique, mais comme le dit si bien Al Gore, la politique c'est recyclable. Le second c'est l'ignorance, mais la connaissance se partage.
A bientôt, j'espère, sur ObjectifTerre.
Olivier
Epilogue :
« Si l'énergie utilisable a quelque valeur pour l'humanité, c'est dans la mesure où elle est aussi accessible. L'énergie solaire et ses sous-produits nous sont accessibles pratiquement sans effort (...) Nous devrions nous concentrer sur l'amélioration des utilisations directes de l'énergie solaire, la seule source propre et essentiellement illimitée (...) Bien sot serait celui qui proposerait de renoncer totalement au confort industriel de l'évolution exosomatique. L'humanité ne retournera pas dans les cavernes »
Georgescu-Roegen
Georgescu-Roegen est considéré, à l'évidence à tord, comme le père de la "décroissance", une doctrine rétrograde et dépassée dont la moteur est avant tout l'anti-libéralisme plutôt que la volonté de préserver l'environnement des hommes.
One must never stop to imagine the world as it would be in the soundest way
F. Dürrenmatt
Commentaires
pas tout à fait d'accord
Je ne pense pas que la décroissance soit :
- rétrograde : si l'on retourne un jour à la bougie, ce sera par pur romantisme ou par nécessité absolue, faute de mieux
- dépassé : je ne vois pas du tout pourquoi dans la mesure où jamais un pays riche n'a décidé de renouer avec les valeurs de sobriété et de partage
- une doctrine !!! le terme "dé-croissance" sert justement à s'opposer au dogme de la "croissance" qui détruit aussi bien l'humain que sa planète bleue.
Quant au "capitalisme vert", je doute qu'une ou plusieurs couches de peinture puissent colmater les brèches nombreuses...
gestion globale de l'eau
L'eau n'a pas dit son dernier mot...
Toutes les énergies peuvent servir à surexploiter l'eau du sous-sol .
L'effet d'asséchement qui en résulte s'ajoutant à toutes les actions superficielles qui réduisent le rechargement des nappes phréatiques ont pour effet de réduire la croissance végétale et de participer à l'échauffement de l'atmosphère par le sol.
Outre le déficit de recyclage du CO2 ,le cycle de l'eau est modifié dans le sens d'une accèlération des vitesses de circulation dans des couloirs plus étroits pour contourner les déserts qui grandissent.
La gestion globale de l'eau peut réoudre tous ces problème et élargir le champ d'application des la micro hydraulique qui est actuellément marginalisé par Edf qui a monopolisé la grosse hydraulique sur des sites capables de recevoir des barrages.
Le capitalisme "naturel" tout comme le développelent durable sont des voies à ne pas négliger mais pour ma part je ne les considère que comme des outils de transitions et non des buts. J'aimerai vraiment un jour que l'on se pose la simple question "(sur)produire dans quel but ?" que cela impacte ou non sur l'environnement la question reste posée.
Passer sa vie à travailler pour surproduire et surconsommer, que ce soit des produits/services verts ou pas, l'aliénation reste le moteur de la société. Est-elle nécessaire ou souhaitable ? Je ne le crois pas. Le but d'une société est de satisfaire aux besoins humains. Ce besoin de consommer et de travailler pour consommer je ne l'ai pas personnellement. Au cours de l'histoire humaine nous avons inventé quantité de système de société dont certains perdurent encore aujourd'hui. La vie, l'homme montrent que la plus grande richesse est la diversité. L'imagination est elle aussi une ressource non renouvelable en voie de disparition ?
En tout cas il est pour moi évident que le capitalisme n'a rien de naturel encore moins de vert. La novlangue encore, l'utopie toujours. Cela reste un outil, seulement un outil, un seul parmi tant d'autres, qui plus est très très réducteur.
Energie et Surface
Bonjour Raffa,
L'homme est un consommateur (puis un producteur/consommateur) depuis les origines.
On n'arrêtera pas le cycle de la matière et de l'énergie dans les écosystèmes, écosystème auxquels l'homme appartient. Le soleil brillera encore 5 milliards d'années, profitons-en !
Il y a 2 problèmes majeurs aujourd'hui :
- Le premier, c'est que notre systeème énergétique est basé sur les fossiles. Solution ? Passer à un système entièrement basé sur les énergies renouvealbles.
- Le second est d'ordre surfacique, et là, c'est un problème important : quelle est la surface des espaces terrestres que l'on souhaite voir préservé de la présence humaine (biodiversité, biologie de la conservation etc.) ? De la réponse à cette question découle directement la question de limite à la croissance démographique humaine. C'est une quesiton très compliquée car elle est d'ordre éthique...
Mais encore une fois, sur le plan énergétique, nous ne sommes pas limités ! Nous parviendrons à la limite surfacique bien avant d'atteindre la limite énergétique.
Amitiés,
Olivier
Frantz Trieb, German Aerospace Center :
" We must become farmers for energy"
Thousands of years ago, prosperous conditions in fertile river locations throughout the worldmotivated nomadic people to form sedentary, agrarian communities. The inhabitants of theseareas built cities, learned to fabricate pottery and to use metals, invented writing systems, domesticated animals and created complex social structures. In short, civilization was born when hunters and gatherers became settlers and farmers. Except for energy: today's civilization is still based on gathering different forms of fossil energy, just like our ancestors, that collected berries and hunted animals until resources were depleted and they had to move elsewhere. Today, fossil energy resources are still sought and gathered until the last drop is spent. It becomes more and more evident that this is not a civilizedbehaviour, and certainly not a sustainable one, because there is no other planet in view to move to after resources are depleted and the atmosphere is spoiled.
However, our hunting and gathering ancestors found a solution to that dilemma: they becamefarmers, sowing seeds in springtime and harvesting corn and fruits in autumn, making use of technical know-how and the abundance of solar energy for their survival. That's exactly whatis overdue in the energy sector: we must become farmers for energy, sow wind farms, wave and hydropower stations, biomass- and geothermal co-generation plants, photovoltaic arrays,solar collectors and concentrating solar power plants and harvest energy for our demand.The same is true for freshwater: if the freely collectable natural resources become too scarcebecause the number of people becomes too large, we have to sow rainwater-reservoirs, wastewaterreuse systems and solar powered desalination plants, and harvest freshwater from them for our daily consumption. Maybe as a side-effect of this more "civilized" form of producing energy and water, we will also – like our ancestors – find another, more developed socialstructure, maybe a more cooperative and peaceful one.
The concept described within this report still leaves some open questions. A study like this cannot give all answers. However, much is gained if the right questions are finally asked, and if solutions are sought in the right direction. The AQUA-CSP study, like its predecessors MED-CSP and TRANS-CSP, is a roadmap, but not a wheel-chair: it can show the medium and long-term goal, it can also show the way to achieve that goal, but it will not carry us there, we'll have to walk by ourselves.
Franz Trieb
Stuttgart, November 12, 2007
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