01 décembre 2007
Pour une mission Apollo DESERTEC
15 octobre 2007
Vers le capitalisme naturel et le business écologique source d'emplois
Jusqu'à juin 2007, dans la lignée de la réflexion de Jean-Marc Jancovici, j'étais convaincu que les énergies renouvelables n'avaient pas le potentiel pour remplacer les énergies fossiles (pour que nous puissions maintenir le niveau de vie occidental), qu'une division par 5 de notre consommation énergétique était inévitable, et que nous n'avions pas d'autres choix que d'accepter le nucléaire et de modifier notre mode de vie dans la perspective de réduire les émissions de gaz à effet de serre face à la menace climatique.
La découverte du solaire à concentration, dont on parle incroyablement peu en France, de la technologie HVDC (Hight Voltage Direct Current), et de la Technologie Tesla Motors (voiture électrique) a complètement modifié ma facon de concevoir notre avenir énergétique, c'est à dire notre avenir tout court. Non seulement le solaire concentré à très largement le potentiel pour que l'intégralité de l'humanité puisse accèder au niveau de vie occidental (1% de la surface du Sahara en centale solaire est suffisant pour produire l'intégralité de l'électricité consommée aujourd´hui par l'humanité et le Sahara n'est pas le seul désert dans le monde), mais son coût est dès aujourd'hui très bas (8 centimes d'euros le kWh) et sera deux fois plus faible dans quelques années, parallèlement à la croissance du parc solaire mondial (effet d'échelle et d'apprentissage). Cela veut dire qu'il sera très prochaînement moins cher que le nucléaire ou que le charbon (4 centimes le kWh, sans compter le coût de la séquestration du carbone) ! La plupart des pays de la planète (à l'exception de la Russie, du Canada, de la Nouvelle Zélande, et des pays de l'Europe du nord ) sont baignés de soleil. C'est le cas en particulier des USA, de l'Inde, de la Chine, du Brésil, du Mexique et de l'Australie. Les états des USA qui ont mis en place une politique incitative vivent actuellement un véritable boom du solaire concentré. Idem en Espagne. Une fois franchie la ligne magique des 6-7 centimes d'euros le kWh, quand les aides ne seront plus nécessaires, cela sera l'avalanche des projets dans le monde entier.
L'humanité n'est pas confrontée à une limite énergétique. De plus nous disposons d'éléments essentiels en grande quantité : Si, Fe, Al etc., nous pouvons recycler pour les éléments moins abondants, les plantes capturent le carbone (Huiles, sucres, protéines) et la créativité humaine est sans limite. La grande force du vivant en général, et des hommes en particuliers, c'est leur capacité à lutter contre le courant entropique (2d principe de la thermodynamique : le désordre ne peut qu'augmenter) en utilisant l'énergie solaire ou ses dérivées, une énergie exogène dont le flux colossal ne s'éteindra que dans 5 milliards d'années, c'est à dire l'infini à l'échelle de temps de l'humanité. La seule limite, c'est la surface de la Terre et il est urgent de préserver les écosytèmes naturels à biodiversité élevée (récifs coraliens, forêtts tropicales, écosystèmes montagnards etc.), car quand une espèce animale ou végétale disparait, c'est pour toujours et c'est une énorme perte pour l'homme. Un moyen de aire face à ce problème surfacique est de valoriser les espaces désertiques. D'immenses zones désertiques peuvent être converties en oasis de vie pour les femmes et les hommes.
J'écrirai moins sur PlaneteBleue, je laisse cependant le blog ouvert; PlanèteBleue, c'est l'époque où je mettais l'accent sur la fin annoncée des énergies fossiles et sur la crise climatique.
Je déménage sur ObjectifTerre avec un état d'esprit complètement différent, l'esprit du capitalisme vert, et en faisant le choix de mettre en avant les solutions plutôt que les problèmes. Car il y a des solutions ! Le premier obstacle est politique, mais comme le dit si bien Al Gore, la politique c'est recyclable. Le second c'est l'ignorance, mais la connaissance se partage.
A bientôt, j'espère, sur ObjectifTerre.
Olivier
Epilogue :
« Si l'énergie utilisable a quelque valeur pour l'humanité, c'est dans la mesure où elle est aussi accessible. L'énergie solaire et ses sous-produits nous sont accessibles pratiquement sans effort (...) Nous devrions nous concentrer sur l'amélioration des utilisations directes de l'énergie solaire, la seule source propre et essentiellement illimitée (...) Bien sot serait celui qui proposerait de renoncer totalement au confort industriel de l'évolution exosomatique. L'humanité ne retournera pas dans les cavernes »
Georgescu-Roegen
Georgescu-Roegen est considéré, à l'évidence à tord, comme le père de la "décroissance", une doctrine rétrograde et dépassée dont la moteur est avant tout l'anti-libéralisme plutôt que la volonté de préserver l'environnement des hommes.
One must never stop to imagine the world as it would be in the soundest way
F. Dürrenmatt
12 octobre 2007
Les experts du GIEC et Al Gore récompensés par le Prix Nobel de la Paix
Un grand bravo aux milliers de scientifiques qui ont, au service de la société, participé aux travaux du GIEC.
http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2007
News sur le sujet
19 août 2007
Forums relatifs au Grenelle de l'environnement
Le site officiel du Grenelle : http://www.legrenelle-environnement.fr
L'Alliance pour la planète :Le blog des écolos qui dévoile les coulisses du Grenelle de l'environnement : http://legrenelle.lalliance.fr
Fondée en mars 2006, l'Alliance pour la planète rassemble plus de 70 associations et syndicats, qui représentent plus d'un million d'adhérents et agissent dans divers domaines : environnement, humanitaire, social, agriculture, sciences, droit, consommation, syndicalisme. C'est sur proposition de l'Alliance que se tiendra en octobre le Grenelle de l'environnement.
Alain Lipietz : "A l’occasion de la conférence de presse de lancement du Grenelle de l’environnement, le 6 juillet 207, le dossier de presse diffusé aux journalistes et sur le Net, indiquait le lancement d’un site de "chats et forums" lié à cet l’événement. Làs ! L’adresse indiquée non seulement n’aboutissait à rien, mais encore n’avait même pas été achetée ! Avec la complicité de sa webmaitresse, l’eurodéputé Vert Alain Lipietz est donc devenu l’heureux propriétaire de ce domaine, d’un tiret différent du nom officiel du site lancé une semaine plus tard par le ministère. De cette facétie est née l’idée de ce site" : http://legrenelleenvironnement.fr
17 août 2007
Les déserts en tant que centrales électriques durables et usines à eau douce pour le monde
A lire en intégralité par tous ceux qui cherchent des solutions aux problématiques et climatiques actuelles :
- Deserts as sustainable powerhouses and inexhaustible waterworks for the world - Gerhard Knies
http://www.gezen.nl/wordpress
- The TREC action plan for water and energy security in EU-MENA for the 21. century
http://www.dicpm.unipa.it/nato
Je cherche des volontaires pour la traduction de l'article Deserts as sustainable powerhouses and inexhaustible waterworks for the world. Merci - Olivier
Données clés :
1. The solar energy available in deserts is more than 700 times the present global primary energy consumption. This is far more than needed to replace fossil fuels.
2. Solar thermal power plants can store solar heat and generate solar power according to demand, also at night (secured capacity).
3. Technologies for power production and long-distance transmission to over 90% of world population are at hand. (perte de 3% pour 1000km lors du tranfert de l'électriicté par cable)
4. In a solar energy co-operation technology-belt and sun-belt can achieve energy, water and climate security, and stable power production costs of 4 – 8 c$/kWh.
5. Investments into mining technologies for fossil fuels will accelerate their depletion and boost climate change, while better solar technology will be beneficial for all future.
6. An Apollo-like program for bringing deserts into service for energy, water and climate security, as proposed by Prince El Hassan from Jordan at the Hanover Industrial Fair 2006, could be organized immediately.
7. TREC and The Club of Rome are calling for a conference DESERTEC to bring technology- and sun-belt countries to action.
8. Solar energy from deserts can give energy security to the world, and it can stop the ongoing devastation of the Earth by fossil fuels.
CSP = solaire à concentration
MENA = Moyen-Orient et Afrique du nord
28 juillet 2007
Sarkozy et le mirage industriel
Par Corinne Lepage pour Agoravox
La vente d’un réacteur nucléaire à la Lybie, même s’il est destiné à alimenter une centrale de désalinisation de l’eau de mer, pose une série de questions extrêmement sérieuses et délicates.
. Tout d’abord, la France peut-elle et doit-elle une nouvelle fois porter la responsabilité, dans un seul but commercial, de disséminer la technologie nucléaire à des pays dont le moins que l’on puisse dire est que l’histoire ne plaide pas en leur faveur. Rappelons pour mémoire que nous sommes à l’origine des difficultés que l’humanité tout entière rencontre aujourd’hui avec l’Iran, puisque c’est la France qui avait vendu au chah d’Iran non seulement des réacteurs nucléaires civils mais également une participation au sein d’Eurodif pour disposer d’uranium enrichi. Les années 1980, qui ont eu des conséquences particulièrement sanglantes en France, ont illustré, grandeur nature, l’irresponsabilité de ce choix, laquelle se traduit aujourd’hui dans le chantage nucléaire qu’exerce l’Iran sur le monde dans son ensemble. Il est du reste assez surprenant que, lorsque la France prétend jouer un rôle dans une négociation avec l’Iran sur le contrôle du nucléaire, son attitude passée ne lui soit pas opposée par tous ceux qui subissent les conséquences de ce choix initial.
Mais l’Iran ne nous a pas suffi puisque nous avons récidivé avec l’Irak ; les deux poignées de main de Jacques Chirac à Saddam Hussein en 1976, la construction d’Osirak et la sulfureuse association d’amitié franco-irakienne sont encore dans toutes les mémoires. Et, par décence, nous passons sous silence les pots-de-vin et la mise en cause de personnalités françaises dans les grenouillages politico-économiques du régime irakien. Mais quel serait l’état du monde si Saddam Hussein avait pu disposer d’Osirak et, en sens contraire, quel aurait été le poids de l’Irak si ce pays n’avait pas disposé, grâce à la France, de technologie nucléaire, domaine dans lequel il faut arrêter de penser que le passage du nucléaire civil au nucléaire militaire se heurte à des obstacles infranchissables. L’histoire nous a d’ailleurs montré qu’ils ont été par deux fois franchis et peut-être davantage.
Dans ces conditions, est-il vraiment raisonnable de récidiver et de vendre à un pays aussi peu sûr que la Libye un réacteur nucléaire, même civil. Est-il vraiment démocratique qu’une décision d’une telle importance, pour notre pays et pour le monde soit prise par le président de la République seul, sans même que le Parlement puisse délibérer sur un sujet aussi majeur !
. En second lieu, l’utilisation de la technologie du nucléaire civil comme solution pour les pays en développement est-elle raisonnable ?
Trois raisons en font sérieusement douter :
- Les réserves en uranium que recèle la planète ne permettent en aucune manière de développer massivement le nucléaire. C’est une solution non durable et qui va très vite faire peser sur les réserves une pression considérable à même de changer l’équation financière du système.
- Ensuite, la technologie nucléaire exige un niveau de sécurité et de formation du personnel considérable. Comment s’assurer que ce niveau pourra être atteint et que l’humanité ne s’expose pas ainsi à des Tchernobyl en puissance ?
- Enfin, et surtout, le développement de la technologie nucléaire constitue un risque géostratégique et terroriste majeur. Outre le chantage nucléaire auquel nous nous exposons tous et qui existe déjà du fait de l’Iran, de la Corée du Nord, peut-être du Pakistan, demain de la Libye ou d’autres pays, le risque de dissémination des déchets nucléaires, de trafic de matériaux fissiles permettant la fabrication massive de bombes sales constitue des menaces supplémentaires dont le monde déjà particulièrement dangereux dans lequel nous vivons n’a vraiment pas besoin.
On peut comprendre que la France souhaite exporter sa technologie, pour renforcer ses entreprises leaders et assurer l’emploi de ses salariés. Mais, on ne peut que regretter que les choix qui sont faits et continuent à être faits favorisent les secteurs industriels du XXe siècle et sacrifient ceux du XXIe.
Demain, lorsque chacun aura compris enfin que le nucléaire n’est pas une solution durable et que le solaire, l’énergie des marées, la biomasse auront connu les développements auxquels ils sont appelés, il est fort à craindre que l’industrie française soit la grande perdante.
Ainsi aurions-nous opté pour un mirage industriel, en faveur des risques politiques les plus considérables que l’humanité puisse courir !
Corinne Lepage (Article mis en ligne également sur Israelvalley.com )
Sur le même sujet : Le "cavalier seul" de Sarkozy en Libye agace en Allemagne
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49728&1706
18 mai 2007
Création d'un Ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable
Ministre d'Etat, M. Juppé doit s'atteler au défi du réchauffement climatique - AFP
" Nicolas Sarkozy souhaitait signifier l'importance qu'il veut donner à l'environnement. Il a donc choisi l'ancien premier ministre Alain Juppé pour ce nouveau rôle de ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable, et l'a doté du titre de ministre d'Etat, le seul du gouvernement. C'est une première. Jusqu'ici, même si le poste a souvent été exposé médiatiquement, l'environnement n'a jamais été considéré que comme une position politiquement subalterne. Le périmètre du nouveau ministère, qui comprend aussi les transports, est considérablement élargi. Compte tenu des enjeux du réchauffement climatique, il aura aussi une importante dimension européenne et internationale. (...)"
Suite : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-30941342@7-40,0.html
" La création par Nicolas Sarkozy d'un ministère d'Etat dédié à l'Ecologie, au Développement et à l'Aménagement durables montre que l'écologie est sortie de son ghetto, s'est réjoui vendredi Nicolas Hulot (...) "Au moins là, on est en situation de pouvoir travailler et on aborde les choses d'une manière sérieuse en mettant en relation tous les partenaires sociaux, économiques, les ONG (...) L'écologie, ce défi-là qui est une réalité scientifique, sort de son ghetto (...) Voilà au moins une démonstration que dans notre société quelque chose a bougé (...) Un gouvernement de droite qui en fait une priorité, c'est important parce que c'était plus naturel probablement comme préoccupation à gauche. C'est bien de ramener dans ce périmètre-là des gens qui en étaient éloignés (...) la création de ce ministère devra être assortie d'une volonté lourde de faire bouger les choses. Ce qui m'importe, c'est qu'on sorte de cette confrontation avec d'un coté les dépressifs qui pensent que tout est foutu et de l'autre côté les sceptiques désabusés" - http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-30940536@7-37,0.html
" (...) Pour Jean-Marc Jancovici, expert climat-énergie du comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot, "même s'il n'a pas le titre de vice-Premier ministre chargé du développement durable, prôné par le Pacte écologique, c'est ce qui pouvait le plus s'en rapprocher". "Alain Juppé a très bien compris en quoi il avait une fonction transversale au sein du gouvernement. Il faudra mettre en place un vrai mécanisme afin que son ministère puisse évaluer les projets (publics) avant adoption", a indiqué le spécialiste. "C'est un homme d'Etat, qui a été premier ministre et plusieurs fois ministres, qui a été nommé à la tête de ce ministère. Il est également ministre d'Etat. Il a donc une autorité politique indéniable", déclare à LCI.fr Serge Orru, directeur général de WWF-France. "Je pense qu'il s'agit d'un signe fort [en faveur de l'écologie] mais qu'il faut maintenant concrétiser en actes, ajoute-t-il. Il y a des engagements à prendre pour ne pas trahir les générations futures. (...)" - http://tf1.lci.fr/infos/elections-2007/0,,3449578,00-juppe-ecologie-signe-fort-attentes-.html
Merci Nicolas Hulot - Je n'ai pas du tout aimé la loi sur l'immigration choisie de Nicolas Sarkozy, je n'ai pas aimé sa façon de s'occuper des banlieues ("racailles", "karcher"...), je n'ai pas aimé sa façon de draguer les électeurs du FN, je déteste son Ministère "de l'Immigration et de l'Identité nationale", mais je dois avouer que, pour le moment, c'est bien parti dans le domaine environnemental - Soyons constructifs et volontairement optimistes - Le cadre est en place, l'heure est à présent à l'action - O.D.
06 mai 2007
Lutte contre le réchauffement climatique : "La France fera de ce combat son premier combat"
Premier discours de Nicolas Sarkozy au sommet de l'état :
" Je veux lancer un appel à nos amis américains, pour leur dire qu'il peuvent compter sur notre amitiés qui s'est forgée dans les tragédies de l'histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à ses cotés quand ils auront besoin d'elle. Mais je veux leur dire aussi que l'amitié, c'est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu'une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique mais au contraire de prendre la tête de ce combat parceque ce qui est en jeu, c'est l'avenir de l'humanité toute entière. La France fera de ce combat son premier combat"
Sarkozy calls on the United States to lead battle against climate change - "A great nation, like the United States, has a duty not to block the battle against global warming but — on the contrary — to take the lead in this battle, because the fate of the whole of humanity is at stake."
International Herald Tribune
"I want to tell them as well that friendship is accepting that one's friends can act differently, and that a great nation like the United States has the duty to not obstruct the fight against global warming but on the contrary to take the lead in this struggle because what is at stake is the future of all humanity."
http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L0645219.htm
Réchauffement: Sarkozy appelle Washington à ne pas faire obstacle
http://www.romandie.com/infos/news/070506190448.i7na90om.asp
03 février 2007
Appel de Paris
Samedi 3 fevrier 2007 - Elysée.fr
Nous, citoyens de tous les continents, responsables politiques, représentants d'organisations internationales ou non gouvernementales, scientifiques, chefs d'entreprises, nous lançons un appel solennel à une vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l'environnement.
1. Aujourd'hui, nous savons que l'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous prenons conscience que le devenir de la planète dans son ensemble est en jeu, que l'humanité tout entière est en cause dans son bien-être, dans sa santé, dans sa sécurité, et jusque dans sa survie.
Aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité. Savoir reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable. Admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers.
2. A Rio, à Johannesburg, à Montréal, à Kyoto, la communauté internationale s'est mobilisée. Mais il faut aller beaucoup plus loin : être plus efficaces, plus rapides, plus cohérents, plus ambitieux.
3. C'est pourquoi, conscients de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, conscients du coût de l'inaction, nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement. Nous nous engageons à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'Humanité, en particulier celui du changement climatique, dont le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat démontre avec force la gravité.
4. Nous nous engageons à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Pour promouvoir une éthique écologique, nous appelons à l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux. Cette charte commune garantira aux générations présentes et futures un nouveau droit de l'homme : le droit à un environnement sain et préservé.
5. Nous nous engageons à faire le choix d'une autre croissance, une croissance écologique, le choix d'une économie mise au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tous les peuples de tous les continents doivent pouvoir accéder au niveau de vie auquel ils aspirent légitimement. Mais nous récusons un modèle fondé sur le gaspillage effréné des ressources naturelles et la pollution toujours plus grave de la planète.
Nous nous engageons à promouvoir le développement de technologies, de modes d'organisation et de comportements plus économes en énergie, en eau, en ressources naturelles et à intégrer les coûts liés à la préservation de l'environnement dans nos systèmes économiques.
6. Dans cette responsabilité collective, l'effort doit être équitablement partagé entre les pays les plus riches, les pays émergents et les pays les moins avancés. Les transferts technologiques et financiers doivent être amplifiés. Il faut concevoir et mettre en œuvre des mécanismes de financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter.
7. Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement. Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle.
A l'image de l'Organisation mondiale de la santé, cette Organisation des Nations Unies pour l'Environnement sera une voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et comprendre comment y remédier; un instrument efficace pour promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes; un moyen pour soutenir la mise en œuvre des décisions environnementales à travers la planète.
8. Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d'accueillir la première réunion du groupe pionnier des "amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement" qui rassemble déjà plus de 40 pays.
9. Nous appelons tous les Etats à rejoindre ce combat.
C'est notre responsabilité à tous.
Il en va de l'avenir de l'humanité.
Dans la presse :
Chirac sonne la mobilisation générale pour l'environnement - Libération.fr

http://www.citoyensdelaterre.fr
Conférence pour une gouvernance écologique mondiale
Allocution de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, prononcée à l'occasion de l'ouverture de la Conférence pour une gouvernance écologique mondiale "Citoyens de la terre".
Vidéo du discours, film projeté durant la conférence et interventions très riches (vidéos) d' Al Gore, de Wangari Maathaï, de Nicholas Stern, de Rajenda Pachauri, de Ban Ki-Moon, d'Yvo de Boers, de Nicolas Hulot, et de nombreuses autres personnalités : Elysée.fr
Palais de l'Élysée, Paris, le vendredi 3 février 2007
Monseigneur,
Monsieur le président de la Commission européenne,
Madame la présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies,
Madame la présidente, chère Madame ROBINSON,
Monsieur le président, cher Abou DIOUF,
Messieurs les Premiers ministres,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et messieurs, mes chers amis,
La planète souffre : la multiplication de ses réactions extrêmes, ouragans, inondations, sécheresses, en est le meilleur symptôme, si j'ose dire. La nature souffre : les espèces s'éteignent à un rythme alarmant. Nous en avons la preuve, l'activité humaine engendre ces dérèglements. Le jour approche, où l'emballement climatique échappera à tout contrôle : nous sommes, en vérité, au seuil historique de l'irréversible.
Le développement de l'humanité dans son berceau africain comme l'a justement démontré le Professeur Yves COPPENS a été rendu possible par des changements climatiques : aujourd'hui, animés d'une rapidité sans précédent, ces changements pourraient nous conduire tout simplement à notre perte. Les civilisations sont mortelles, mais ce n'est pas toujours aux guerres qu'elles succombent : la surexploitation des ressources naturelles a décimé les Mayas, les Vikings du Groenland, les Polynésiens des Îles Pitcairn, les Indiens Anasazi. Chacune de ces sociétés, qui furent des sociétés brillantes, a vécu dans l'inconscience et l'aveuglement jusqu'à la fin. Chacune symbolise la fragilité de l'Homme et ce qui pourrait être le destin de l'humanité.
Depuis des années, au sein des instances européennes, au sein du G8, dans toutes les enceintes internationales, la France se bat. Elle se bat pour faire entendre l'urgence environnementale. De Rio à Kyoto et à Johannesburg, la communauté internationale n'est pas restée inactive, c'est vrai : elle s'est dotée d'instruments, de conventions, d'institutions. Mais il faut considérablement accélérer la prise de conscience, amplifier résolument notre action. C'est pour cela que j'ai voulu cette conférence de Paris sur une gouvernance écologique mondiale. C'est pour cela que je suis particulièrement heureux de votre présence aujourd'hui et que je vous en remercie de tout coeur.
Nous sommes, et à juste titre, fiers de notre intelligence et de nos prouesses techniques. Mais, en quelques siècles, nous avons brûlé des ressources accumulées durant des centaines de millions d'années. Nous détruisons des écosystèmes qui abritaient une biodiversité perdue à jamais, nous privant ainsi de clés indispensables pour le futur. Tout cela, nous le savons : alors, pourquoi tardons-nous à prendre les mesures qui s'imposent ? Parce que, dans un égoïsme coupable, nous refusons d'en tirer les conséquences. Parce que nous sommes incapables de nous affranchir de schémas de pensée obsolètes, d'une structure économique héritée du XIXe siècle. Parce que notre organisation politique internationale est inadaptée à l'enjeu vital du XXIe siècle, qui est l'enjeu écologique.
Face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures : le temps est à la révolution au sens authentique du terme. La révolution des consciences. La révolution de l'économie. La révolution de l'action politique.
La révolution des consciences. L'Homme ne doit plus se concevoir seulement comme "maître et possesseur de la nature". Cette ambition, nécessaire jadis pour faire triompher l'idée de progrès, nous conduit aujourd'hui au bord du gouffre. Il nous faut passer à un nouveau stade de la conscience humaine : notre intelligence doit se consacrer à la protection de la planète. Nous devons apprendre à cultiver un rapport harmonieux entre l'Homme et la nature. Un rapport nouveau et qui s'impose.
Notre responsabilité vis-à-vis de la Terre est inséparable de notre responsabilité vis-à-vis de l'humanité : l'exigence écologique ouvre un chapitre inédit des droits de l'homme. Il nous faut affirmer et faire respecter un nouveau droit fondamental : le droit de bénéficier d'un environnement sain et préservé. C'est cela, l'écologie humaniste.
C'est une révolution culturelle. Elle passe par l'éducation de tous, et notamment des plus jeunes, aux enjeux environnementaux. Pour que nous devenions tous des "citoyens de la Terre", adoptons aux Nations Unies une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux : elle sera l'expression d'une éthique écologique commune, dont s'imprégneront aussi bien l'action publique que nos actes individuels. La France a été le premier pays à adosser une Charte de l'environnement à sa Constitution : je souhaite que cette initiative inspire l'ONU, et que chaque État inscrive la préoccupation écologique dans ses textes fondamentaux.
La révolution des consciences rendra possible la révolution de l'économie. Dans un monde où plus de 800 millions d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de la faim, la réponse au défi écologique ne saurait être la "croissance zéro". L'aspiration des peuples à une vie meilleure est une inspiration légitime : elle doit guider nos politiques. Mais la planète ne pourra supporter longtemps le mode de croissance qui est actuellement le nôtre. Pour sortir de ce dilemme, nous devons inventer une autre croissance.
Une nouvelle révolution industrielle est devant nous, celle du développement durable. Elle passe par la transformation radicale de nos modes de production et de consommation : respect des ressources et des milieux naturels ; limitation des pollutions ; intégration de la qualité environnementale dans le calcul de notre richesse ; valorisation des ressources naturelles à leur juste prix. Il faut que les entreprises prennent la mesure de leur responsabilité environnementale. Et il faut susciter des ruptures technologiques : développer les énergies sans gaz à effet de serre, avec le chauffage et l'électricité solaires, avec les bioénergies pour la chaleur avec les carburants. Renforcer les économies d'énergie avec des bâtiments non plus consommateurs, mais producteurs d'énergie, avec les voitures et les camions propres. Avancer vers la capture et le stockage du CO² pour la production d'électricité, de ciment ou d'acier.
Cette ère nouvelle porte la promesse d'une vie meilleure pour tous. Les économies les plus innovantes et les plus respectueuses de l'environnement seront demain les économies les plus puissantes. Mais pour cela, nous avons besoin de règles de concurrence claires et loyales. Soit la communauté internationale s'y emploie, soit ce sera la "guerre écologique".
L'effort doit être équitablement réparti. Les pays du Nord ont, les premiers, bâti leur richesse sur l'exploitation massive des ressources naturelles : ils doivent assumer leurs responsabilités, en respectant, dans un cadre concerté, des règles de production et des normes environnementales. C'est tout l'enjeu des négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique, dans le cadre de la Convention des Nations Unies, pour décider de l'avenir du Protocole de Kyoto, et cela avant 2009. En s'engageant, à l'initiative de la France et du Royaume-Uni, avec l'encouragement total de la Commission, à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, l'Union européenne montre la voie.
Les pays émergents ont beaucoup d'atouts. Ils disposent d'un riche patrimoine naturel : ils doivent être incités à le protéger et à prendre la mesure de leurs responsabilités nouvelles. C'est l'autre enjeu de l'après-Kyoto. La disponibilité de technologies "vertes" leur permettra de passer plus vite que les anciennes nations industrielles à l'économie du développement durable.
Quant aux pays pauvres, nous devons les aider à se développer dans le respect de l'environnement et à se prémunir contre les conséquences catastrophiques d'un réchauffement climatique pour lesquels ils ne sont pour rien. Je pense aux îles menacées par l'augmentation du niveau de la mer, ou aux pays, comme ceux du Sahel, qui seront atteints par des sécheresses d'une ampleur dramatique.
Sachons allier lutte contre la pauvreté et révolution écologique, en repensant la notion de patrimoine commun de l'humanité. Des financements innovants, tels que la taxation internationale sur le carbone, permettraient d'apporter aux pays en développement qui s'y engagent les moyens de préserver, pour le bien de tous, les trésors écologiques qu'ils abritent, comme les forêts primaires, et d'accéder d'emblée aux technologies propres. Le succès de la contribution de solidarité sur les billets d'avion au bénéfice de la lutte contre les grandes pandémies nous montre l'exemple qui doit être suivi et nous donne une expérimentation de ce qui doit être fait.
La révolution des esprits resterait stérile, la révolution économique serait entravée, si elles ne s'accompagnaient pas d'une révolution politique. Elle est en marche : grâce aux associations, grâce à la participation des citoyens, grâce à la mobilisation croissante des élus, l'impératif environnemental inspire de plus en plus les politiques locales et nationales. Mais ce combat se joue à l'échelle mondiale : la crise écologique ignore les frontières. Or, nous agissons encore, trop souvent, en ordre dispersé.
Il faut construire une gouvernance mondiale de l'environnement. L'unilatéralisme, dans ce domaine aussi, mène à l'impasse. De même qu'il est la condition de la paix, le multilatéralisme constitue la clé pour un développement durable. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement est un programme et une organisation remarquables à laquelle je tiens à rendre hommage. Mais il ne dispose pas d'un pouvoir et d'un poids institutionnel suffisants. Notre objectif, ce doit être de le transformer en une Organisation des Nations unies à part entière. Cette organisation des Nations Unies pour l'Environnement portera la conscience écologique mondiale. Elle procèdera à l'évaluation impartiale et scientifique des menaces. Forte d'un mandat politique, elle aura la légitimité pour mettre en œuvre les actions décidées en commun. Elle donnera plus de force, plus de cohérence à notre action collective.
L'ambition de notre conférence, c'est de mobiliser tous les citoyens, tous les milieux, et de constituer un groupe de pays pionniers, prêts à porter ce projet d'Organisation des Nations unies pour l'Environnement, afin de convaincre ceux des pays qui hésitent encore.
Mesdames et Messieurs, mes chers amis,
Vous tous qui êtes ici, représentants des États et des organisations internationales, scientifiques éminents, responsables d'ONG, chefs d'entreprises, citoyens engagés, vous êtes les fers de lance d'un mouvement mondial de l'écologie. Vous saurez, par vos débats, par vos travaux, contribuer à la mobilisation responsable et la mobilisation des opinions publiques internationales, mobilisation plus que jamais urgente et nécessaire. À vous toutes, à vous tous, je veux, du fond du cœur, exprimer mon estime, mon respect et surtout ma reconnaissance.
Je vous remercie.
Dans la presse :
- Jacques Chirac lance l'Onue, les Nations Unies pour l'environnement - Libération.fr
Lors de l'appel de Paris, une quarantaine de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, se sont prononcés en faveur d'une "vaste mobilisation internationale contre la crise écologique (...)"
- Chirac sonne la mobilisation générale pour l'environnement - LeMonde.fr
Très beau discours. Merci Monsieur Hulot pour avoir sensibilisé Jacques Chirac aux problématiques environnementales - O.D.


